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  • Photo du rĂ©dacteurVincenzo Aiello

đŸ€ CETTE SCÈNE QUI M’A MARQUÉ : Le Bon, La Brute et Le Truand

Aujourd’hui, le film dont j’ai envie de vous parler n’est rien d’autre que ma porte d’entrĂ©e dans le Western. Je devais avoir 8 ans quand j’ai pour la premiĂšre fois appris Ă  apprĂ©cier ce genre cinĂ©matographique Ă  travers son courant le plus dĂ©calĂ© : Le Western Spaghetti.


En 1966 sortait le film Le Bon, La Brute et Le Truand (il buono, il brutto, il cattivo) avec dans les rĂŽles titres le trio Blondin (Clint Eastwood, « le Bon »), Sentenza (Lee Van Cleef, « la Brute ») et Tuco (Eli Wallach, « le Truand »). L’histoire de dĂ©roule pendant la guerre de SĂ©cession oĂč trois hommes se lancent Ă  la recherche d’un coffre contenant 200 000 $ en piĂšces d’or volĂ©s Ă  l’armĂ©e sudiste.


Ce film, je l’ai vu un nombre incalculable de fois dans mon enfance et je l’ai redĂ©couvert avec plaisir bien plus tard avec un Ɠil plus affutĂ©. Il y a de nombreuses scĂšnes dont j’aurais pu vous parler. Celle oĂč Tuco se fait torturer par Sentenza sous fond d’un concert de violons ou encore lorsque Blondin et Tuco discutent de façon dĂ©tachĂ©e de l’absurditĂ© de la guerre avec en arriĂšre-plan la guerre qui fait rage. Vous l’avez peut-ĂȘtre compris, ce qui me plaĂźt dans ce film et dans la rĂ©alisation de Sergio Leone plus particuliĂšrement, c’est sa volontĂ© de contraster son rĂ©cit en permanence.


Mais il faut bien choisir une scĂšne.. alors celle don’t j’ai dĂ©cidĂ© de vous parler aujourd’hui n’est rien d’autre que le dernier duel du film. Blondin, Sentenza et Tuco s’affrontent dans le cimetiĂšre de Sad Hill oĂč est enterrĂ© le trĂ©sor. Seul Blondin sait dans quelle tombe sont cachĂ©s les dollars. Il annonce qu’il inscrira le nom de la tombe sur une pierre qu’il pose au centre du cimetiĂšre.

La scĂšne s’ouvre avec Blondin qui marche au centre du cimetiĂšre suivis bientĂŽt par Sentenza et Tuco. Commence alors un vĂ©ritable balais au centre d’une arĂšne. Les pierres tombales disposĂ©s tout autour d’eux font office de public. Comme si tous les morts de la guerre pouvaient regarder ce spectacle.


Sergio Leone comme Ă  son habitude Ă©tire le temps, crĂ©ant du mouvement dans l’immobilitĂ©. Chaque plan contient son stimulus visuel qui accroche le regard du spectateur. Les plans semblent rĂ©pĂ©titifs, ils ne le sont pourtant pas. Chacun d’eux apportant une information supplĂ©mentaire. Toute la force de la mise en scĂšne de Leone se retrouve pour moi dans cette scĂšne. Il parvient Ă  crĂ©er une Ă©volution dramaturgique et une montĂ©e en tension permanente sans dialogues et quasiment sans mouvements.


Un vĂ©ritable tour de force qui se termine par la mort de l’un des trois protagonistes. Sergio Leone a ensuite l’intelligence de clore son duel par une note d’humour qui fonctionne comme une soupape de dĂ©compression pour le spectateur et crĂ©e (on y revient) du contraste.

La scĂšne se termine ensuite avec une rĂ©plique qui restera mythique dans l’histoire du cinĂ©ma :

You see, in this world there's two kinds of people, my friend: Those with loaded guns and those who dig. You dig.

Je ne peux pas parler de cette scĂšne sans Ă©voquer un instant la grandiose musique d’Ennio Morricone. Il aurait Ă©crit la musique directement sur le scĂ©nario et Sergio Leone l’aurait utilisĂ© directement sur le set. C’est peut-ĂȘtre ce qui explique cette symbiose parfaite entre le jeu des comĂ©diens, les dĂ©placements et la musique. Comme Ă  son habitude, Morricone parvient Ă  composer une splendide complainte Ă©pique. A certains moments, on croirait presque entendre les morts ricaner depuis leurs tombent en voyant le spectacle.


Pour toutes ces raisons, lorsque je veux me rappeler pourquoi j’ai souhaitĂ© faire du cinĂ©ma
 et bien je regarde cette scĂšne et je me souviens.

Et toi ? Est-ce que cette scĂšne t’a marquĂ© ?









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